Enseignement d’Amma : Le maître spirituel est un sculpteur habile

 

Lorsque nous sentons que nous avons un problème de vue, nous nous précipitons chez l’ophtalmologue. Nous sommes prêts à mettre des gouttes dans les yeux, à porter des lunettes ou même à subir une intervention chirurgicale pour améliorer notre vue. C’est parce que nous nous en remettons au médecin et que nous nous allongeons pour l’intervention que l’ophtalmologue peut nous opérer de la cataracte et améliorer notre vue.

Un tel abandon à un maître spirituel ouvrira notre œil intérieur et nous réaliserons notre véritable Soi. Dans cet état, nous pourrons voir l’unité de tous les êtres.

Le maître spirituel est un sculpteur habile. Muni de son marteau et de son ciseau, le sculpteur doit parfois frapper fort sur certaines parties du bloc de pierre et tout doucement sur d’autres. Certaines parties doivent être complètement enlevées tandis que d’autres ont juste besoin d’être polies. De la même manière, le maître spirituel est un sculpteur divin qui fait apparaître la magnifique sculpture cachée dans le bloc de pierre.

Dans le processus d’éveil du divin à l’intérieur du disciple, le maître peut être dur. Dans notre ignorance, nous pouvons penser de lui qu’il manque de compassion. En réalité, le maître n’a pas d’autre moyen pour amener le disciple à la destination finale. Ce n’est pas un manque de compassion, au contraire, c’est une compassion infinie à l’égard du disciple. Le maître, qui voit la perfection en toute chose et qui est constamment dans un état de béatitude, n’a rien à gagner ni dans ce monde ni dans aucun autre. Une fois ceci compris, lorsqu’un aspirant suit la volonté du maître spirituel, un véritable disciple naît en lui. Ce sont la dévotion, la foi et l’abandon extraordinaires qu’un disciple ressent envers le maître qui donnent à la relation maître-disciple ce caractère si rare et élevé.

L’amour pur pour Dieu transcende même la mort. Même si les Gopis, les jeunes gardiennes de vache dévouées à Krishna,  ne sont plus vivantes, leur amour perdure jusqu’à ce jour.

Le lien entre le Dieu Krishna et les Gopis était la véritable relation maître-disciple. Krishna était le maître. Lorsque l’amour pur emplit notre cœur, nous ne sommes plus le corps limité. Nous sommes l’amour suprême – qui est au-delà du corps. L’amour est le principe immortel qui rend tout divinement doux. Le vrai maître est une incarnation de la compassion, qui réduit l’ego du disciple en lui emplissant le cœur d’un amour infini.

Le beurre est dans le lait. L’esprit est à l’image du lait. Quand le lait est baratté, il se transforme en beurre. Lorsque l’esprit s’abandonne, une joie durable naît de l’intérieur, tout comme un beurre durable se dégage du lait baratté. Le lait est bon mais il se gâte rapidement et devient nauséabond. À ce stade, le lait est beaucoup plus répugnant qu’il n’a été alléchant. Nous devons le transformer en quelque chose de bénéfique dans la durée. De même, nous devons orienter l’esprit vers Dieu pour atteindre la joie qui demeure.

Nous avons besoin de discipline. Au début, nous devons protéger les jeunes arbres en les entourant d’une clôture, sinon les cerfs et les lapins mangeront toutes les feuilles et les fleurs. La clôture repousse ces animaux pour que le jeune arbre puisse grandir. Une fois le jeune arbre devenu adulte, nous pourrons peut-être même y attacher un éléphant. Pareillement, au début, nous devons protéger notre esprit grâce à la clôture de la discipline.

Nous avons besoin de trottoirs pour marcher et les voitures ont besoin de rouler sur une route. Mais l’oiseau n’a besoin de rien pour voler. Il est au-delà de tout cela. Il n’est assujetti à aucune règle, à aucune loi. Une fois que la conscience s’éveille à l’intérieur, notre esprit devient comme une boussole qui pointe toujours vers Dieu. L’esprit est comme l’eau. Même l’eau des montagnes s’écoule toujours vers le bas. Même si nous lançons un jet vers le haut, l’eau retombera toujours. Par contre, le feu s’élève toujours. Il fait même monter l’eau sous forme de vapeur. De même, lorsque la conscience s’éveille en nous, nous pouvons atteindre des sommets. C’est comme une fusée de lancement. La fusée de lancement nous aide à nous libérer de la gravité terrestre et à nous élever très haut. Une fois que nous nous libérons, nous pouvons voler par nous-mêmes. Mais il nous est difficile de nous libérer de nos attachements.

Tout comme nous utilisons Google Maps pour savoir comment nous rendre dans un endroit inconnu, nous avons besoin des instructions d’un maître spirituel pour retrouver notre chemin vers le Soi. Lorsque nous nous rendons dans un endroit inconnu, nous avons besoin de quelqu’un qui y est déjà allé pour nous dire comment cela se passe là-bas. Seul celui qui y est déjà allé connaît l’endroit en question. C’est la même chose quand nous nous rendons dans un lieu inconnu. Se fier au maître c’est comme passer d’un bus normal à un bus express.

Notre condition actuelle est celle de quelqu’un qui lutte en ramant à contre-courant alors qu’en présence du maître spirituel, nous ramons dans le sens du courant. Inutile de lutter. C’est l’avantage d’être en présence d’un maître. C’est comme être dans un environnement propice. Lorsque nous semons une graine en milieu propice, elle germe plus vite, pousse plus vite et donne plus de fruits. Alors que, lorsque nous semons une graine en milieu défavorable, elle ne germe pas à tous les coups. Il faut de nombreuses naissances pour obtenir la foi en un maître. Ne gaspillons pas cette chance. Protégeons-la et faisons en sorte de la faire prospérer.

La vidéo d’Amma avec les sous-titres français :