Une série d’articles sur les festivités d’Onam à Amritapuri en Inde

Légumes bios pour Onam

(27 août 2015, Amritapuri)

Depuis de nombreuses années maintenant, Amma encourage ses dévots du monde entier à produire leurs propres légumes bios, pour leur santé et celle de la planète.

Les Brahmacharis, Brahmacharinis (disciples monastiques de la tradition hindoue) et des résidents de l’ashram d’Amritapuri ont offert à Amma des légumes bios cultivés de leurs mains avec amour. Ces légumes serviront à préparer le festin traditionnel d’Onam, qu’Amma servira en personne à chacune des milliers de personnes qui viendront des quatre coins de l’Inde et du monde entier pour célébrer Onam dans leur foyer spirituel.

Fêtes d’Onam à Amritapuri

(28 août 2015, Amritapuri, Inde)

Tous les ans, Onam (fête des moissons dans le sud de l’Inde) est un moment de grande célébration ici à Amritapuri (l’ashram d’Amma au Kérala en Inde) et cette année encore a été fidèle à la tradition. Tôt le matin le hall était déjà rempli de ceux qui attendaient de participer aux festivités de la journée. Ils n’ont pas eu à attendre longtemps car Amma est arrivée sur la scène avant 10 h et elle a délivré son message d’Onam dans un hall plein à craquer.

S’adressant à l’assemblée de dévots, Amma a dit : « Dans la vie, nous avons tous nos peines et nos petits tracas. Mais cela ne nous empêche pas de nous faire une joie d’accueillir Onam. Comment est-ce possible? Le bonheur est une décision. Si nous le décidons, nous pouvons créer un empire de bonheur – parce que le bonheur est notre véritable nature. La lumière du bonheur brûle dans nos cœurs. Veillons à ne pas masquer cette lumière en tirant le rideau de nos désirs »

À la fin de son discours, Amma a fait chanter un « Bandalo Bandalo » (chant dévotionnel) plein d’entrain à tout le monde en demandant à chacun de frapper dans les mains de son voisin.

Puis, pendant plusieurs heures, Amma a servi un onasadya spécial (festin traditionnellement servi le jour d’Onam) aux milliers de personnes présentes à l’ashram. Tout le monde a partagé le repas, comme une grande famille… jusqu’au plus grand résident de l’ashram. Comme elle le fait maintenant tous les ans, Amma a servi à l’éléphante Lakhsmi une belle portion de prasad (nourriture sacrée) d’Onam.

Le soir, après les bhajans, Amma est revenue dans le hall pour participer aux programmes culturels. Multiples et variés, des spectacles présentés par les enfants de l’ashram, les résidents, les occidentaux et les brahmacharis (disciples monastiques masculins de la tradition hindoue) ont enchanté le public. La soirée a culminé vers minuit quand Amma a fait chanter « la le lale la le ». Cette journée magique s’est terminée dans les applaudissements, les chants et les balancements de tous au rythme de la musique.

Construire un empire de bonheur

Extrait du message d’Amma pour la fête d’Onam (fête des moissons dans le sud de l’Inde)

« Onam est une fête de l’unité et du partage. La fête a lieu quand les cœurs débordent. Onam est un moment où la joie, l’amour, le partage en famille et la dévotion débordent. Dès les premiers jours de Chingam (premier mois du calendrier malayali), la brise dOnam commence à nous effleurer. En fait, les gens commencent déjà à sentir la joie les envahir au cours des derniers jours de Karkitakam (dernier mois du calendrier malayali). Les rayons du soleil commencent à transpercer les nuages dans le ciel. Les fleurs offrent leur sourire un peu partout. Les papillons virevoltent çà et là.  L’atmosphère tout entière est remplie de joie. Nous pouvons alors partager avec les autres la joie et l’amour que nous ressentons. Le bonheur grandit quand il est partagé.

Tous se réjouissent lorsque Chingam approche et que Karkitakam prend fin. Karkitakam est une période de pratiques spirituelles et d’austérités où l’on reste chez soi pour adorer Dieu. Quand la mousson baigne la terre, les Kéralais se baignent dans le Gange de Sagesse qu’est le Ramayana (poème épique hindou à la gloire de Rama, incarnation de la vertu). Quelquefois, sans réfléchir, il nous arrive de maudire les pluies de Karkitakam, mais n’oublions pas que sans ces pluies torrentielles, nous n’aurions ni les fleurs ni les récoltes de Chingam. C’est aussi la saison des pluies qui nous fait apprécier les beautés à venir de la nature. Cela nous montre clairement que derrière chaque fête, il y a une période de sacrifice et d’austérité.

Nous avons tous notre lot de peines et de chagrins. Mais malgré tout, c’est quand même dans la joie que nous accueillons Onam.  Comment cela se fait-il ? Le bonheur est une décision. Si nous le décidons, nous pouvons nous construire un empire de bonheur, car le bonheur est notre nature réelle. La lampe du bonheur brûle en permanence dans notre cœur. Nous devons seulement  prendre garde à ne pas masquer cette lumière en tirant les rideaux de nos désirs.

De nos jours, un changement climatique est en train de s’opérer : les températures augmentent, il pleut moins et les saisons deviennent imprévisibles. Si nous voulons vivre en harmonie avec la nature, nous devons faire preuve d’amour envers tous les êtres. Nous devons vivre selon le dharma (ce qui est juste). Autrefois, le dharma était au cœur même de la fête d’Onam. Notre éloignement du dharma amène toutes ces turbulences. Autrefois, les gens se satisfaisaient de ce qu’ils avaient. Ils savaient se contenter de petites choses. Le principal message de la fête d’Onam est un message de sacrifice, de simplicité et de charité.

L’histoire de Mahabali nous parle également de sacrifice et d’austérité. C’est seulement grâce à son sacrifice et à son renoncement que Mahabali est encore dans toutes les mémoires aujourd’hui. Chaque année, nous accueillons sa venue et celle du Dieu. Bien qu’Onam célèbre en fait le jour où le seigneur Vishnou s’est incarné sous la forme du nain  Vamana, nous pensons plus à Mahabali qu’au Dieu lui-même – ce qui montre la grandeur de la dévotion et du sacrifice. Pourtant au début, Mahabali avait des défauts : il était persuadé que ses succès lui venaient de ses seuls efforts personnels – un état d’esprit qui revient à laisser tomber du sel dans du lait qui perd ainsi toute sa douceur. C’est le devoir du Dieu de sortir son dévot de ce genre de situation. Finalement, Mahabali a fait preuve de suffisamment de discernement pour reconnaître sa folie. C’est à ce moment-là qu’il s’est abandonné entièrement. Sa vie nous enseigne également à prendre conscience de nos propres folies pour nous efforcer de nous corriger.

Après avoir tout remis entre les mains de son Seigneur, la seule chose que Mahabali lui a demandé, c’est de voir ses sujets heureux. L’amour de Mahabali ne se limitait pas aux mots. Il n’avait pas le moindre intérêt personnel caché. Un tel amour est rarissime de nos jours. Nombreux sont ceux qui parlent d’amour et ont des intentions impures.

Nous avons tous entendu dire qu’au cours du règne du roi Mahabali, tout le monde était sur un pied d’égalité – une égalité pas seulement extérieure. Il s’agissait d’une égalité intérieure, d’une vision égalitaire issue de la connaissance. Les circonstances extérieures sont sujettes au changement perpétuel. Le bonheur alterne avec la peine. Efforçons nous de cultiver l’équanimité et l’acceptation.

En général, à l’approche d’Onam, les ventes d’alcool battent des records. Le gouvernement du Kérala a bien fait de prohiber la vente d’alcool. Mais cette interdiction n’aura vraiment d’effet que si les hommes changent intérieurement.

Autrefois, Onam suffisait à nous enivrer. Mais aujourd’hui, tous ceux qui se saoulent pendant les fêtes d’Onam pensent que boire est l’essence même du bonheur d’Onam. La consommation annuelle d’alcool au Kérala est la plus élevée de tous les États de l’Inde. L’alcool nous ruine la santé et détruit nos relations. Dans les milieux pauvres, le buveur met en péril les finances de la famille.

Onam célèbre le souvenir d’un âge d’or révolu. Mais nous nourrissons également l’espoir de voir refleurir un jour cet âge d’or. Que se passe-t-il lorsque nous retrouvons l’esprit d’Onam ? Nous oublions tout à la fois le passé et l’avenir pour vivre complètement dans le moment présent. En réalité, la vie n’existe que dans le moment présent. Le moment présent constitue notre seule richesse. Essayons donc d’en faire le meilleur usage possible, en conscience et avec vigilance et à chaque fois, l’esprit d’Onam s’éveillera instantanément en nous. Ne nous rappelons que ce que les gens ont fait de positif pour nous. Rappelons-nous combien ils ont pu nous encourager ou nous aider. Tâchons de puiser de l’énergie dans de tels souvenirs et de vivre dans le moment présent. L’essentiel est de donner le plus de sens possible au moment présent. Ainsi, notre vie se remplira de nouveaux bourgeons, de fleurs en boutons, de fleurs épanouies et de fruits. Bonheur et prospérité régneront. Ainsi l’esprit d’Onam nous accompagnera chaque jour de notre existence.

Onam est un symbole de la beauté intérieure et extérieure. Le bonheur et la beauté n’apparaîtront que dans un mental dénué d’émotions négatives. Puisse notre mental se libérer de l’ombre de la haine, de la tristesse et autres tendances négatives. Puisse notre mental se remplir de la lumière dorée de l’amour et du bonheur ! Puisse une nouvelle aube de paix et de prospérité se lever sur le monde et dissiper les nuages sombres de la pauvreté et des conflits ! En ce sens, puisse le véritable message d’Onam se répandre dans le monde ! Puisse l’esprit des hommes fêter Onam en permanence ! Puisse le Paramatman ( le soi suprême) répandre sa grâce afin que cela s’accomplisse ! »

Découvrez la fête d’Onam en photos