L’enseignement du 3 mai de Swami Amritasvarupananda en français

L’enseignement du 3 mai de Swami Amritasvarupananda en français adressé aux membres de la branche jeunesse de l’organisation d’Amma (AYUDH) :

”Mes salutations, mon amour et mes vœux à tous les jeunes et à tous ceux qui regardent cette vidéo.

Prions tout d’abord pour la paix et le bonheur du monde :

Oṃ sarve bhavantu sukhinaḥ
Sarve santu nirāmayāḥ
Sarve bhadrāṇi paśyantu mā kaścidduḥ khabhāgbhaveta
Oṃ śāntiḥ śāntiḥ śāntiḥ

Voici la signification de cette prière : « Que tous puissent être heureux, que tous puissent être affranchis de la maladie, que tous puissent voir ce qui est bon, que personne ne souffre, Om, paix, paix, paix. »

Cela fait presque trois mois que le COVID-19, le coronavirus, cette maladie infectieuse, a mis l’humanité en résidence surveillée. Il semble que le bout du tunnel se rapproche. L’humanité entière veille, attend avec impatience. Cette expérience doit avoir enseigné une grande leçon à l’humanité : la valeur de la liberté. Malheureusement, nous avons dû l’apprendre à nos dépens, car c’est comme si nous étions restés derrière les barreaux pendant trois mois. Cette période a été précieuse pour ceux qui désiraient passer des moments privilégiés en famille, renouveler et renforcer leurs relations et ressentir l’amour, les soins, la compréhension et la patience – qui sont si nécessaires.

Néanmoins, il est vrai que ce n’est pas facile de se sentir heureux quand on n’est qu’à deux ou trois, pendant trois longs mois, surtout pour la jeune génération, les accros à diverses substances toxiques, les bourreaux de travail, ceux qui voyagent beaucoup, etc. Quel combat ont dû mener ces personnes, vouées qu’elles étaient à l’ennui et à la monotonie. Elles doivent avoir très bien compris la théorie de la relativité, telle qu’elle a été vulgarisée par Albert Einstein : une minute la main sur un poêle brûlant semble une heure alors qu’une heure passée en compagnie d’une jolie fille file comme une minute. C’est cela, la relativité.

Imaginez ceci : un virus de 80 250 nanomètres de diamètre, ce qui équivaut à un milliardième de mètre, semant à l’extrême la peur, l’anxiété et la désolation. Faute de vigilance, ce virus aurait anéanti l’humanité entière. Cette chose microscopique, le coronavirus, a donné à toute l’humanité une grande leçon d’humilité. Une leçon qu’aucun des chefs ou dirigeants n’a pu nous donner. Peut-être que le coronavirus est un émissaire de Dieu porteur d’un message extrêmement puissant : « Attention mes enfants, garçons et filles, voyez ma force. Vous ne pouvez même pas imaginer ma puissance, mon pouvoir infini, car c’est l’œuvre d’un tout petit messager, d’un seul de mes plus humbles soldats. »

Le fait est que le corps humain est un outil très puissant. Sa puissance est scientifiquement insondable. C’est un réceptacle qui contient un mini univers, une petite parcelle de Dieu. Le corps abrite Dieu. C’est un temple de Dieu, de la pure conscience. De ce point de vue, le monde entier, chaque créature, chaque être sensible et insensible est un temple de Dieu, la totalité de la vie. Nous avons oublié cette vérité ou nous la laissons de côté, soit par ignorance, soit par arrogance, faisant une malédiction de la plus grande des bénédictions, cette belle nature avec toute son abondance.

Par nature, les êtres humains souhaitent l’impossible. Nous souhaitons l’immortalité du corps plutôt que de nous concentrer sur la totalité de la vie. Nous souhaitons avoir toujours du succès plutôt que d’accepter nos pertes et nos échecs. Nous souhaitons être plus rusés plutôt que d’être plus actifs et désintéressés. Nous souhaitons fuir nos responsabilités plutôt que de les assumer correctement. Nous souhaitons contrôler l’avenir plutôt que de vivre dans le présent. Nous voulons changer les autres sans faire le moindre effort pour nous changer nous-mêmes. Nous voulons satisfaire nos besoins immédiats sans envisager les conséquences de nos actes et sans nous soucier le moins du monde des autres. N’est-ce pas plus qu’il n’en faut pour détruire notre vie, la vie des autres, la nature et tout ce qui est beau et bon ?

Ne faites jamais l’erreur de demander l’impossible. Dans les Écritures indiennes, les épopées regorgent d’histoires de prières, de désirs mauvais. Dans ces épopées, la plupart des démons se soumettent à des ascèses intenses, à une discipline sévère. Dieu apparaît devant eux et leur demande : « Quels vœux veux-tu te voir accorder ? » Apparemment, c’est le schéma habituel. Le démon dit alors : « Que je ne meure pas. » Et le Seigneur de dire : « Ça je ne peux te l’accorder, demande quelque chose d’autre. »

Voici une histoire : un de ces démons du nom de Bhasmasura accomplit des  austérités sévères et intenses pour s’attirer les bonnes grâces de Shiva. Finalement, satisfait, Shiva lui apparaît et lui accorde un vœu. Le démon demande à Shiva de lui accorder le pouvoir que chaque fois qu’il posera sa main droite sur la tête de quelqu’un, cette personne soit instantanément brûlée et réduite en cendres. Shiva le lui accorde. Le démon est ravi car, grâce à ce nouveau pouvoir, son clan pourra triompher des êtres célestes et établir son emprise sur l’univers entier. Juste pour tester la puissance de la bénédiction, le démon essaie de placer sa main sur Shiva lui-même, qui s’enfuit se cacher dans une grotte.

À ce moment, le Dieu Vishnu apparaît devant le démon, sous la forme d’une femme nommée Mohini à la beauté envoûtante. Le démon devient fou et demande à Mohini de devenir sa femme. Mohini met une condition pour accepter sa proposition : il doit d’abord la battre à la danse. Elle dit également au démon qu’il doit suivre et imiter avec précision ses pas de danse, sans faute. Le démon accepte cette proposition. Tous deux se mettent à danser. À un moment donné, pour exécuter une figure, Mohini se touche la tête, et le démon en fait autant, et il est sur le champ réduit en une poignée de cendres.

Ce monde est la danse de la totalité, de l’énergie, de la pure conscience. Elle se poursuit, alors le monde se poursuit, la nature poursuit une danse de création, de préservation et de destruction. Nous, les êtres humains, sommes censés la servir totalement. Nous sommes seulement censés la suivre, être en harmonie avec elle, sans le moindre faux pas. Si quelqu’un acquiert du pouvoir sans avoir la maîtrise absolue de ses cinq sens, nul doute qu’il se mettra à en abuser. Ce faisant, il inflige à son entourage des blessures dont la profondeur lui échappe sur le moment, tant le pouvoir l’enivre. Sommes-nous en train de devenir comme ce démon ? Notre avidité, notre malhonnêteté et notre désir de réussite nous aveuglent-ils totalement ? Espérons et prions pour que l’humanité ne connaisse pas le même sort que ce démon.

Quelle est la réalité de la vie et la comprenons-nous ? L’unité de tout ce système appelé monde est la réalité de la vie. C’est une seule et unique entité, comme notre corps. Prenons l’exemple de la simple action de manger. Que se passe-t-il lorsque nous mettons un peu de riz dans notre bouche ? Ou lorsque nous prenons une petite bouchée de pain. Ce n’est pas aussi simple que nous le pensons ; il ne s’agit pas simplement d’ouvrir la bouche et de goûter la nourriture sur la langue. Le corps tout entier est impliqué dans ce processus. Lorsqu’un aliment entre dans le corps, tous les organes internes tels que l’appareil digestif, les organes de la respiration, le flux sanguin et chaque cellule du corps sont instantanément alertés, ils se mettent immédiatement en action. L’absorption et la digestion de la nourriture ne sont pas possibles sans le fonctionnement synchronisé de tous ces organes.

Il y a des milliers d’années, les grands sages de l’Inde ont déclaré au monde que la conscience est la même pour tout ce qui est sensible ou insensible, vivant ou non. Elle est universelle. Cela signifie qu’il n’existe pas de fonctions individuelles, indépendantes ou isolées. Tout comme les organes internes du corps tout entier participent activement à la digestion des aliments que nous mangeons, le monde entier fonctionne comme une entité. Supposons que nous nous fassions une petite coupure ou un petit bleu à la main ; nous pensons qu’il s’agit seulement de quelque chose de localisé. Non, à ce moment précis, c’est notre corps tout entier qui se met en état d’alerte et passe à l’action. De la même manière, l’univers entier est conscient de chaque battement d’ailes d’oiseau, de la chute de la moindre feuille, et même du moindre souffle de vent.

La science contemporaine ne dit pas autre chose. Et c’est pourquoi Amma déclare : « Nous ne sommes pas des îles isolées mais les maillons d’une chaîne, la chaîne universelle. Que nous le sachions ou non, toutes nos actions ont un impact sur les autres, c’est pourquoi il est plus important de se changer soi-même que d’essayer de changer les autres. Une fois que nous aurons changé, les autres changeront automatiquement autour de nous. »

Amma poursuit : « C’est la même énergie vitale qui nous donne le pouvoir de parler et de chanter, et qui fait chanter l’oiseau et rugir le lion. C’est la même conscience qui circule dans et à travers chaque être humain et qui donne sa puissance au mouvement du vent, au courant de la rivière et à la lumière du soleil. » Rappelons-nous que même si nous sommes citoyens de tel ou tel pays, si nous avons telle ou telle nationalité, nous sommes tous soumis au système central de l’univers. Chacun d’entre nous participe à ce gouvernement, la constitution centrale qui nous gouverne tous. Il est temps pour l’humanité de s’incliner et de s’abandonner à la volonté de cette super intelligence qui se manifeste à travers la nature.

Amma dit que « la nature est la forme manifestée de Dieu », ou que « la nature est la forme visible de Dieu. » La nature ne cesse de nous donner des pistes claires grâce à diverses indications ; cultivons l’énergie nécessaire pour les voir, ou plutôt pour les ressentir, les décoder et agir en fonction d’elles.

L’amour est le début, le milieu et la fin de notre chemin. L’amour montrera exactement ce qu’il faut faire, quand et comment. C’est pourquoi Amma nous dit que nous devons faire preuve à la fois d’amour et de respect lorsque nous cherchons des solutions pour protéger la nature et l’environnement. Cela ne suffit pas de simplement savoir ou être informé. Nos ancêtres aimaient et révéraient la nature ; nous, qui sommes soi-disant modernes et civilisés, les avons taxés de primitifs et nous avons rejeté leur bel exemple. Le temps est venu de faire preuve d’humilité en toutes circonstances ; le temps est venu d’éviter les revendications inutiles ; le temps est venu de cesser de défier les autres ; le temps est venu de lâcher nos complexes de supériorité et d’infériorité ; le temps est venu de cultiver une certaine équité ; le temps est venu de pratiquer l’honnêteté dans nos transactions. Par-dessus tout, comme le dit Amma, le temps est venu de réaliser que « la compassion est la solution à 90 % des problèmes de notre monde. »

Vous, mes chers jeunes frères et sœurs, vous, la jeune génération, êtes le seul et unique espoir de la race humaine, des générations à venir. En vous, Amma a confiance, nos espoirs reposent en vous, mes amis. Mes chers jeunes frères et sœurs, il est difficile de changer les comportements de ceux de la génération précédente. Je crains qu’ils ne retournent à leurs mauvaises habitudes. À partir de maintenant, nous devons être convaincus à 100 % que nous ne pouvons pas continuer à vivre comme nous l’avons fait, à traiter la nature comme nous l’avons fait. Abandonnons nos manières totalement égoïstes ; abandonnons notre habitude d’exploiter la nature ; prenons les autres en considération et faisons preuve de compassion les uns envers les autres ; construisons des relations familiales plus solides ; considérons le monde comme une famille ; rappelons-nous constamment que nous faisons partie de l’univers ; que nous n’avons pas d’existence isolée.

Contribuons à équilibrer santé, richesse et connaissance. Ayons davantage foi dans le mystère de l’univers, au lieu d’analyser tout et n’importe quoi. Dans cette optique, Amma nous rappelle avec force que la nature ne pardonnera plus, que cette pandémie est un puissant avertissement, peut-être le dernier. Nous ne pouvons plus nous comporter comme des irresponsables ; ne pensez pas que nous pouvons nous en tirer avec nos bêtises. Si nous ne changeons pas, la nature nous obligera à changer. Nous, les êtres humains, avons coutume d’oublier les leçons de la nature, mais plus maintenant. Plus d’excuses, le temps est venu pour l’humanité de travailler sur certains aspects importants de la vie, et de passer à l’action. Plus d’excuses.

Permettez-moi de partager avec vous quelques points que vous voudrez peut-être retenir et mettre en pratique :

  1. Soyez un serviteur de la nature.

Dasa signifie « serviteur » en sanskrit. Soyez un serviteur. Dans l’un de ses derniers messages, Amma déclare : « Dans le monde d’aujourd’hui, nous voyons que lorsque les travailleurs cessent de travailler, l’entreprise subit des pertes et finit par fermer. Mais d’un point de vue spirituel ou selon la loi de la nature, la nature est le patron et l’homme est l’employé. Dans ce cas, le patron est beaucoup plus fort, il possède une super force. Dans ce cas, si le patron cesse de travailler, le monde lui-même devra fermer boutique. » Et ce confinement en est un exemple. Tout le monde devrait se souvenir de cette vérité. L’homme devrait mettre de côté son égoïsme et reconnaître que les forces naturelles sont le maître ultime, autrement dit Dieu. Adoptons l’attitude selon laquelle nous ne sommes rien d’autre que des serviteurs de la nature, nous ne sommes pas des maîtres, nous sommes des serviteurs. Pas des maîtres comme nous prétendons l’être.

  1. Ralentissez.

De toute évidence, la nature nous demande de ralentir. Des panneaux routiers nous disent : « La vitesse tue. » Cela ne concerne pas seulement le code de la route, cela concerne aussi le mode de vie. Que signifie ralentir dans la vie ? Cela signifie méditer. Il est temps de trouver un équilibre entre l’action et la méditation. Le mental ralentira lorsque nous pourrons observer nos pensées. Surveillez vos pensées, surveillez vos émotions, ayez vos négativités à l’œil. Nous sommes des êtres humains ordinaires, donc nous n’échapperons pas aux pensées, ni aux négativités. Toutefois, faisons preuve de discernement et faisons de notre mieux pour les empêcher de s’exprimer sous forme d’actions. La méditation fait ralentir le mental, elle crée de l’espace pour nous permettre de voir nos faiblesses, nos limites et pour y travailler. Cela nous aidera également à travailler sur nos relations avec les nôtres, nos proches, notre famille immédiate, la société, la nature, le monde, notre maison commune et, plus important encore, avec Dieu.

  1. Ne restez pas coincés dans un excès d’analyse.

La technologie dénuée d’amour est dangereuse. C’est l’un des plus grands dangers auxquels nous sommes confrontés. L’amour est un exercice d’équilibre, à la fois interne et externe. Actuellement, la plupart des gens vivent dans leur tête. C’est l’une des principales raisons de notre perte. Nous continuons de tomber, d’échouer dans nos efforts pour trouver l’harmonie avec la nature. Quitte à tomber, apprenons à tomber de la tête au cœur, de la collecte d’informations à l’intelligence collective. 

  1. Cultivez la générosité, apprenez à donner.

Le monde entier fonctionne sur le don. Le darshan d’Amma est le meilleur exemple de don. Absolument aucune discrimination. Donner de l’amour équitablement sans faire aucune différence. Le monde obéit à la loi de l’utilité marginale décroissante comme en économie. Par exemple, le second quartier d’orange vous procurera moins de plaisir que le premier et le plaisir ira en diminuant à chaque quartier. Le dernier sera la moins agréable. Mais pour ce qui est de l’amour d’Amma, le plaisir reste le même. Imaginez une balance qui pèserait l’amour. Elle indiquerait que le niveau d’amour reçu par la première personne et celui reçu par la dernière personne, qui pourrait bien être la 5000ème personne, sera exactement la même. Ici, la personne qui donne, Amma, est parfaitement heureuse, débordante d’un amour illimité, jusqu’à la fin. Aucun sentiment de fardeau. Le travail se fait adoration et action de donner de façon désintéressée sans rien attendre en retour. Il est donc temps pour l’humanité de s’orienter davantage vers l’action que vers le résultat. Il est devenu inévitable de changer d’attitude pour passer de l’avenir, le résultat, au présent, l’action. Toute action est vouée à devenir pesante lorsque nous nous concentrons en priorité sur le résultat. Elle ressemble à une corvée. Quel que soit votre domaine, votre travail vous pèsera si vous le considérez comme une corvée. Vous perdrez votre enthousiasme et votre vigueur. Vous serez facilement irritable, en colère, alors apprenez à aimer votre travail, quel qu’il soit. La plupart d’entre nous passent cinq jours par semaine au travail et les deux jours restants à penser au travail, à ruminer inquiétudes et frustrations liées au travail. Apprenez à aimer votre travail ou trouvez-en un que vous pouvez aimer et il vous sera plus facile de vivre dans le moment présent.

  1. Considérez l’amour, le pardon et la patience comme vos divinités d’élection, vos images sacrées. 

L’amour, le pardon et la patience. L’amour est le catalyseur qui a le pouvoir de régler tout conflit, intérieur ou extérieur. Quand l’amour entre, la lumière suit automatiquement dans son sillage. En anglais, le mot lumière a deux significations : rayonnement ou luminosité d’une part, et légèreté de l’autre. L’amour, la lumière et l’apesanteur sont liés. Lorsque vous êtes rempli d’amour, vous vous remplissez de lumière et vous pouvez vous envoler vers de grands sommets, car vous ne ressentez pas le poids de l’ego. L’amour et la lumière ne font qu’un. La lumière est inhérente à l’amour. Amma dit : « La vie et l’amour ne sont pas distincts, ils ne font qu’un. » En réalité, lumière et vie sont synonymes d’amour. Le manque d’amour, c’est l’obscurité. Ce qui explique ce que vit actuellement l’humanité. Nous avons perdu l’amour dans nos cœurs. La lumière ne peut pas exister sans amour, alors l’obscurité est entrée en scène, l’obscurité de l’égoïsme, de la cupidité, de la jalousie, de la haine, de l’exploitation des autres pour des bénéfices politiques, etc. Ainsi, lorsque l’amour a disparu à l’intérieur et à l’extérieur, ce monde, ce paradis sur terre, a disparu et l’enfer est apparu. Le coronavirus ne nous donne qu’une petite idée de l’enfer. S’il existe un pont qui relie la terre et le ciel, c’est bien l’amour. C’est le pont qui relie l’homme à la nature et l’homme à Dieu. Lorsque l’amour illumine votre cœur, deux autres fleurs s’épanouissent en vous : la fleur du pardon et la fleur de la patience. N’oubliez pas que le fait de pardonner à quelqu’un n’excuse pas son comportement. En pardonnant, vous acceptez la réalité de ce qui s’est passé et vous trouvez un moyen de vivre avec dans un état de résilience. Cela n’inclut pas forcément la personne à qui vous pardonnez. Le pardon n’est pas quelque chose que vous faites pour la personne qui vous a fait du tort, c’est quelque chose que vous faites pour vous.

  1. N’oubliez pas que le monde est notre famille élargie.

Si nous creusons profondément dans le passé, nous nous rendons compte que nous sommes tous liés par le sang. Si nous creusons du côté de l’espace, nous constatons que nous sommes liés à la nature environnante, aux forces environnementales. Et si nous creusons au plus profond de nous-mêmes, nous constatons que nous sommes liés les uns aux autres par la conscience et, connaissant celle-ci, nous pouvons proclamer que le monde entier est une seule famille. Cette déclaration sacrée ne concerne pas seulement la paix et la coexistence harmonieuse de diverses cultures et sociétés, elle reflète également une vérité ultime, une loi proclamée par l’univers à propos d’une source inconnue ou mystérieuse. C’est une injonction faite à l’humanité de respecter cette loi et de s’efforcer de vivre comme une seule famille. Cette loi universelle nous lie tous. L’autorité suprême de cette loi s’appelle Dieu. N’oubliez jamais que nous sommes responsables devant ce pouvoir. Déterminez ce dont vous, en tant qu’individu, avez besoin mais ensuite soyez philanthrope, améliorez non seulement la maison dans laquelle vivent vos enfants mais aussi le monde dans lequel ils vivent. Regardez au-delà de votre propre famille, regardez la famille mondiale.

  1. Cultivez le contentement.

Les désirs peuvent généralement être classés en deux catégories : anaboliques ou légitimes, et cataboliques ou illégitimes. Les désirs inoffensifs pour les autres, sains, édifiants, créatifs, constructifs et nécessaires au maintien d’une bonne santé et d’une tranquillité d’esprit sont appelés désirs anaboliques. En revanche, les désirs destructeurs pour les uns et les autres sont cataboliques. Ils dissipent notre énergie. Fondamentalement, tout désir qui aide à conserver notre énergie est anabolique et tout désir qui draine notre énergie et nous affaiblit est catabolique. Satisfaites vos désirs légitimes et essayez de transcender les désirs illégitimes en leur opposant le contentement. Coupez le faux lien établi entre argent et bonheur et soyez content de ce que vous avez, de ce que vous possédez.

  1. N’utilisez la technologie que lorsque c’est nécessaire.

Quand vous utilisez des gadgets électroniques (téléphone portable, ordinateur portable et tablette…) vous ne vivez pas le moment présent. Vous me direz peut-être que vous lisez un article, que vous postez quelque chose sur votre compte Facebook, Twitter ou Tik-tok, que vous discutez avec votre ami sur What’sApp ou que vous regardez une vidéo. Il est normal de les utiliser quand c’est nécessaire mais il est dangereux de les laisser vous utiliser. Pourquoi ? Parce que, selon Amma, « la réalité de votre existence tient à votre environnement et non à ces gadgets. » Vous ne devenez vivant et ne vivez vraiment que lorsque vous établissez un contact avec les gens, la famille, l’environnement, la nature et surtout, avec Dieu. Fondamentalement, vous devez vous connecter avec vous-même et de cette connexion naissent toutes les autres connexions. Soyez conscient et ne vous laissez jamais dépendre de la technologie.

  1. Essayez de faire évoluer votre attitude.

Le Srimad-Bhagavatam est un texte sacré qui dépeint la vie et les enseignements de Krishna. Le 12ème chapitre, verset 3 est un discours donné par la Terre, la Terre Mère. Et que dit la Terre ? Elle dit en riant : « Juste pour voir comment ces rois sont en fait des jouets dans les mains de la mort ; ils désirent me conquérir. Les rois et les politiciens pensent qu’ils vont progressivement conquérir la Terre entière. Parce que le cœur de ces dirigeants est enchaîné par de grandes attentes, ils ne voient pas la mort qui rôde autour d’eux. La Terre continue, même si par le passé de grands hommes et leurs descendants m’ont quittée, tout aussi impuissants qu’à leur venue sur terre. Même aujourd’hui, des hommes stupides essaient de me conquérir. Pour me conquérir, les matérialistes se battent entre eux. Les pères s’opposent à leurs fils et les frères se battent entre eux parce que leur cœur est prisonnier du désir de pouvoir politique. Les leaders politiques prennent la place les uns des autres. Toute cette terre, dit la Terre Mère, toute cette terre est à moi, elle n’est pas à toi, idiot ! Ainsi, ils se battent entre eux et meurent. »

Dans le discours qu’elle a prononcé au Vatican -en 2014-, Amma a déclaré : « L’humanité a construit de nombreuses divisions, des cloisons sous forme de religions, de castes, de langues et de frontières internationales. Rassemblons-nous au-delà de toutes ces divisions et bâtissons un pont d’amour pur et global pour franchir ce fossé. Tout cœur endurci s’adoucira dans l’amour. L’amour peut répandre la lumière même dans les ténèbres les plus denses. L’amour désintéressé transformera les démons qui habitent les humains en leurs propres sauveurs. Sans aucun motif égoïste, les chefs religieux devraient formuler un plan d’action basé sur le service désintéressé, qui est l’essence de toutes les véritables croyances. »

Nous employons le mot « touché ». J’ai été touché par untel ou j’ai été touché par tel incident. Savez-vous ce que cela signifie réellement ? Nous n’avons peut-être pas dit un seul mot à cette personne. Une personne vient de passer ou bien vous êtes témoin d’un événement, d’un incident, et cette personne vous a peut-être regardé une seule fois ; cette personne vous a peut-être regardé dans les yeux une seule fois et vous vous êtes senti touché par cette personne, n’est-ce pas ? Et ce mot « touché » n’est pas seulement un mot. Il s’agit de quelque chose de réel. Vous êtes touché et ces ondes continuent à se propager vers les gens, les animaux, les arbres, les rochers. Et un jour, vous verrez que vous touchez l’univers entier de l’intérieur. Essayez ceci : asseyez-vous à côté d’une personne qui dort profondément, ne faites rien, regardez juste profondément son visage, vous serez surpris de voir cette personne ouvrir les yeux, se réveiller. Et cette personne peut même se demander : « Qu’est ce qui se passe ? » Vous ne l’avez pas touchée physiquement, vous ne l’avez pas appelée, mais elle s’est réveillée. Comment ? Parce que vous l’avez touchée, non pas physiquement, mais avec votre cœur.

Grâce à son étreinte, sa présence, son toucher, son étreinte pleine d’amour, Amma réveille les gens, réveille leur potentiel endormi et les aide à l’exprimer. Nous sommes tous touchés par Amma. Notre cœur est ouvert parce qu’Amma nous touche. L’humanité entière doit créer un nouvel intérieur, un intérieur pour concevoir l’Amour, un intérieur pour concevoir le sentiment plus profond de la maternité. Chaque être humain, homme ou femme, doit devenir une mère, une mère aimante, compatissante, affectueuse, attentionnée et patiente. Et c’est la voie vers la lumière, c’est la voie pour vivre la vie, et c’est en effet la voie pour survivre. Et c’est la seule voie vers l’avenir. Amma nous aidera dans ce processus et elle réveillera l’amour qui sommeille en nous et nous conduira vers la lumière. L’avenir est entre vos mains, mes chers jeunes frères et sœurs. L’avenir est entre vos mains.

La première question est posée par Pranav (Inde) :  La situation actuelle avec le COVID-19 affecte la vie privée, on peut s’en accommoder en suivant des règles de distanciation, mais au niveau professionnel il y a beaucoup de pertes : perte d’emplois, réduction de salaire, stress mental. Pouvez-vous nous éclairer sur ce sujet et nous expliquer comment nous pouvons en tirer le meilleur parti et rester motivés pour un avenir meilleur ? 

Voici ce que je réponds à Pranav : la maladie infectieuse liée au coronavirus a transformé le monde entier en une sorte de zone de guerre, de champ de bataille. Ceux qui sont touchés par la maladie se battent. Les personnes suspectées d’être atteintes de la maladie sont mises en quarantaine et isolées, elles se battent aussi. Ceux qui sont contraints de rester chez eux se battent aussi. Un combat se déroule au sein de tout un chacun. C’est un combat intérieur entre passé, présent et futur. Votre propre présent se bat contre le futur et le passé. Chacun d’entre nous est un soldat dans cette guerre, chacun d’entre nous. Nous sommes tous des soldats, sans distinction de culture, de nationalité, de langue, de caste, de croyance, de religion. Nous sommes tous en guerre, mon ami. Et quelle est la chose la plus importante à faire pendant une guerre ? Sauver sa vie, n’est-ce pas ? Votre vie est ce qu’il y a de plus important. Alors voici ce que vous devez faire : faire profil bas, être patient, prendre les mesures nécessaires pour sauver votre vie, celle de votre famille et celle des autres. Établissez pour cela des priorités. Alors concentrez-vous sur le présent, soyez conscient, protégez-vous et protégez les autres, soyez en sécurité, soyez bien portant et joyeux, c’est de première importance. Votre travail, les réductions de salaire et le stress mental sont secondaires. Ce n’est que si vous êtes vivant et en bonne santé que vous aurez un emploi, n’est-ce pas ? Ce n’est que si vous êtes vivant et en bonne santé que vous pourrez chercher un nouvel emploi au cas où vous perdriez celui que vous occupez actuellement. Vous penserez aux réductions de salaire, etc. plus tard. Il ne s’agit donc pas d’être positif. Il s’agit plutôt d’accepter la situation dite négative. La maladie et le confinement qui en découlent nous préparent à relever n’importe quel défi. Dans cette situation, être positif, c’est accepter. D’accord Pranav ? Je pense avoir répondu à ta question.

La seconde question vient de AYUDH Europe. Je ne sais pas si je vais prononcer son nom correctement ; elle est posée par Léonie, de Belgique : Merci de prendre le temps de répondre à nos questions. Je peux continuer d’aller travailler pendant le confinement et j’en suis reconnaissante. J’éprouve également plus de calme et j’ai plus de temps pour moi spirituellement parlant, et pour d’autres choses que je voulais faire depuis longtemps pendant mon temps de repos. Je n’ai plus la pression des activités, des fêtes et des dîners de famille, des rencontres avec les amis. J’aime ma famille et mes amis et, bien sûr, je veux les revoir bientôt, car ils me manquent. Mais pendant le confinement j’ai pu faire du bénévolat, des activités AYUDH et travailler. J’ai peur qu’après le coronavirus, tout redevienne comme avant, que tout le monde soit occupé, se précipitant d’un endroit à l’autre, sans plus de calme. J’ai l’impression moi aussi d’avoir beaucoup couru, je ne veux pas blesser les autres. Avez-vous des conseils à donner à ce sujet ? Est-ce qu’Amma en dit quelque chose ?

Léonie, voici ma réponse à ta question : je ne pense pas que les gens qui ont ne serait-ce qu’un peu de bon sens continueront à être obsédés par leur vieux schémas après avoir vécu une expérience aussi intense. Le monde doit changer. Ne te laisse pas guider par les opinions des autres, reste fidèle à tes convictions à toi. Essaie d’avoir tes convictions à toi à propos du COVID-19.

Quelles sont les leçons que tu en as tirées ? Comment veux-tu y donner suite ? Comment veux-tu changer tes perspectives après cela ? Veux-tu avoir un impact positif ? Si oui, comment veux-tu corriger tes points de vue et te transformer à l’intérieur ? La correction n’est possible que dans le moment présent. Souhaites-tu contribuer à une vie harmonieuse avec la nature ? Ce sont les questions que tu dois te poser. Il ne suffit pas de les poser, de les contempler et de les méditer. Si tu souhaites vraiment créer un changement dans ta vie et dans la vie des autres, ne t’inquiète pas du ressentiment que tu pourrais provoquer chez les autres. Car une fois que tu te seras transformée, une fois que ton cœur sera rempli de lumière, tu ne pourras plus faire de mal aux autres. Que veux-tu ? Comprendre, moins comprendre, ou ne pas comprendre du tout ? Décide et avance. Je te remercie.

La troisième question vient de Shrikuti (États-Unis) : notre chère Amma affirme souvent que la confiance en soi est comme une fusée de lancement qui nous aide à nous libérer de l’esclavage et des impuretés de l’esprit et nous permet de nous élever vers les sommets de la spiritualité. Amma affirme également que l’échec vient de la perte de confiance en soi. De mon point de vue limité, je comprends la confiance en soi comme la confiance en ses capacités à faire face à toute situation qui se présente. Au quotidien, la plupart des gens prennent confiance en eux grâce à des succès répétés. Par exemple, un élève qui a réussi tous ses examens blancs avec de bonnes notes sera confiant lorsqu’il se présentera au véritable examen. Un élève qui a échoué à tous ses examens blancs malgré ses efforts manquera de confiance en lui, ce qui entraînera d’autres échecs. Il s’agit d’un cercle vicieux. Comment cultiver la confiance en soi en période d’échec ? Comment cultiver suffisamment de confiance en soi pour être compétent dans ce que l’on entreprend, tout en ne s’appropriant pas les actions et en conservant l’attitude selon laquelle Rama est l’auteur et nous le serviteur ?

Srikuti, je pense que ta conception de la confiance en soi est erronée. La confiance en soi n’est pas quelque chose dont on a besoin uniquement dans les moments de succès. Pendant les périodes de réussite, il n’est pas nécessaire de travailler sur la confiance en soi, car elle est déjà là. Car lorsque vous gagnez, lorsque vous êtes victorieux dans un domaine ou lorsque vous réussissez quelque chose, vous êtes rempli de confiance et d’enthousiasme. Alors que les échecs tuent votre excitation et votre confiance, et c’est là que vous devez avoir confiance en vous. Lorsque vous êtes en bonne santé, vous n’avez pas besoin de médicaments, n’est-ce pas ? Non. Mais vous avez certainement besoin de prendre des médicaments lorsque vous tombez malade. De même, le manque de confiance en soi est une sorte de maladie. Et quel est le médicament ? La confiance en soi est le remède. Et c’est seulement cela qui vous aidera à vous sentir mieux. Cela seul vous aidera à relever le défi. Alors, prenez le remède de la confiance en soi et prenez-le dans les moments difficiles. Offrir votre travail ou le résultat de votre action à Dieu, cela viendra lentement. Ce n’est pas quelque chose qui arrivera un beau matin. Vous devez juste y travailler ; vous devez continuer à le rappeler à votre mental, parce que le mental, l’ego, veut toujours des résultats. Alors ce passage du résultat au moment présent, qui est le moment du désintéressement, le moment de l’altruisme, se fait lentement. C’est un processus lent et progressif. Mais il est là, en nous. Nous le faisons en certaines occasions. Par exemple, nous marchons dans une rue déserte, il n’y a personne d’autre, mais quelqu’un marche juste devant vous. Et à ce moment-là, son portefeuille tombe et il ne s’en est pas rendu compte. Il continue à marcher, et vous voyez le portefeuille. Il n’y a personne d’autre ; que faites-vous à ce moment-là ? Vous prenez le portefeuille, vous rejoignez cette personne, vous le lui remettez et vous quittez les lieux sans même attendre qu’elle vous remercie. C’est une action spontanée. Cette spontanéité est en nous. Vous ne vous assurez pas qu’il y a des photographes sur place et vous ne vous souciez pas de savoir s’il y a des reporters des médias locaux pour prendre une photo et publier la nouvelle dans les grands journaux et les chaînes de télévision. Vous n’y pensez pas. Et c’est là, parce que le bonheur que vous ressentez lorsque vous accomplissez une action de manière désintéressée, c’est un bonheur énorme, la satisfaction est énorme. Et ce contentement que vous ressentez, ce bonheur que vous ressentez est lui-même la récompense. Il n’y a pas d’autre récompense et il n’y a pas de plus grande récompense que ce bonheur. Si vous pouvez lentement élargir cet espace, c’est l’espace du bonheur que vous ressentez, l’espace de l’amour que vous ressentez, l’espace de la gratitude que vous ressentez, cet espace de la spontanéité. Vous en faites l’expérience pendant un moment. Vous devez l’élargir et le rendre de plus en plus grand et c’est pourquoi nous devons faire des pratiques spirituelles.

Pratiquez l’observation ; si vous observez vraiment les choses, si vous regardez autour de vous, vous voyez, vous sentez la souffrance des gens, vous sentez la douleur, vous sentez le désir d’aider les autres. Cela doit devenir un désir d’aider les autres, c’est ça l’observation. L’observation de la douleur aboutit spontanément à la méditation. Qu’a fait Amma ? Elle a juste observé. Il y a tellement de souffrance. Pourquoi certaines personnes sont heureuses alors que d’autres sont malheureuses ? Pourquoi certaines personnes n’ont rien à manger alors que d’autres profitent de la vie ? Pourquoi y a-t-il tant de chagrin ? Oui, elle observait. Mais ce n’était pas une observation superficielle, c’était une investigation profonde, qui a pénétré en elle, au cœur de son être. De cette méditation, elle a obtenu la bonne réponse : Servir, servir l’humanité de façon désintéressée. C’est le besoin du moment.

J’espère et je prie pour que vous soyez capables de vivre cette période de confinement quand vous êtes chez vous, quand vous êtes tout seul, loin de votre famille et de vos amis. Pour que vous soyez capables de mettre cette période à profit pour développer votre potentiel intérieur, vos talents.

Puisse la grâce d’Amma demeurer avec chacun d’entre vous.

Merci de votre participation”