Enseignement d’Amma : Sur la corde raide qui mène à la perfection

 

 » La danse de Krishna avec les vachères sur les rives de la Yamuna était la danse de l’amour divin, une danse de joie. Quand elles retrouvaient Krishna, l’incarnation même de la béatitude, les vachères perdaient toute conscience corporelle pour se fondre dans la pur Conscience. Ce qui se passait dans ces moments-là, c’était la fusion du créateur et de la création, de la pure conscience et de la nature. Quand les vachères oubliaient tout dans le pur amour, Krishna s’éveillait en elles. C’est pour cette raison que chacune des vachères sentait que Krishna était avec elle seule à l’exclusion des autres.

Souvenons-nous du créateur tout en profitant de la création. Soyons capables de penser au chocolatier tout en goûtant le chocolat. Ce n’est pas facile. Pour y arriver, il faut connaître les enseignements des Écritures sacrées.

Au cirque, on voit des gymnastes marcher sur une corde raide tout en portant un pot sur la tête. Il y en a même qui dansent. Ils doivent garder le pot bien stable sur la tête tout en restant en équilibre sur la corde. Cela demande beaucoup d’entraînement. Ainsi va la vie dans le monde. Autrefois, vivre c’était comme devoir porter un pot en équilibre sur la tête. Maintenant il faut en plus marcher sur une corde raide.

Le monde d’aujourd’hui est un supermarché plein de sites attrayants et de distractions. Ce n’est pas facile de cultiver le retrait des sens en vivant au milieu de toutes ces choses attirantes. C’est réservé aux courageux. C’est comme mettre du sucre sur la langue et ne pas saliver. Les personnes qui tentent de vivre de cette manière se font du bien à eux-mêmes mais ils en font aussi au monde entier en ne lui prenant que ce dont ils ont besoin.

Une montre donne la même heure, qu’elle coûte 10€ ou 10.000€. Si l’on se satisfait d’une montre à 10€, avec l’argent économisé on peut aider les pauvres et les nécessiteux. Le regard, les paroles, les pensées et les actions des gens qui mènent ce genre de vie font du bien au monde.

Il est écrit dans la Bhagavad Gita que sur 100 000 chercheurs qui essaient, il n’y en a peut-être qu’un qui pourra atteindre l’état de perfection. Toutes les graines semées ne germeront pas forcément. De nos jours les choses ont changé. Sur des centaines de milliers de gens, seule une poignée aura quelques notions de spiritualité. Et encore, il se pourrait bien qu’ils ne fassent qu’aller au temple. Il se pourrait qu’ils n’approfondissent pas plus la spiritualité. En conséquence, il se pourrait que sur deux millions et demi de personnes, il n’y en ait qu’une qui emprunte la voie de la spiritualité. Et seul un petit pourcentage atteindra le but. Il en va ainsi de nos jours.

Mais aucun des efforts fournis en chemin n’est perdu. La personne spirituelle les gardera pour toujours sous forme d’impressions qui se réveilleront et le propulseront plus loin. Combien de centaines de milliers de gens s’inscrivent au concours de la fonction publique ? Seuls quelques-uns deviendront des hauts fonctionnaires. Mais de nombreux jeunes n’en tentent pas moins leur chance. Nous aussi, poursuivons de la même façon nos efforts spirituels.