La compassion ne prend jamais de repos – Amma à Talassery

(27 et 28 février, Talassery – Tour de l’Inde 2017)

Fin de matinée à Udupi : le darshan (bénédiction sous forme d’étreinte) touchait à sa fin. Debout toute la nuit, Amma avait béni les files de dévots. Les oiseaux voletaient et les bénévoles se dépêchaient en prévision du départ imminent vers Talassery.

Il était 10h30 quand Amma s’est levée pour rejoindre son camping-car. Une foule de gens étaient alignés de chaque côté de la route pour voir son véhicule quitter l’université d’Udupi.

Talassery n’était qu’à quelques heures de route. À son arrivée, Amma fut saluée par une foule criant de joie et par un chœur de femmes chantant Sinkari Melam sur fond de tambours tonitruants. Malgré une nuit sans sommeil à donner le darshan à Udupi, Amma décida de servir le prasad (nourriture consacrée) aux dévots locaux et au groupe du tour.

Les deux jours suivants allaient regorger de toutes les festivités d’un programme Brahmastanam (temple consacré par Amma). Padmasree Meenakshi Gurukkala, PK Krishnadas (membre du bureau national du BJP – parti politique au pouvoir en Inde) et l’artiste KK Marar (peintre, photographe, écrivain et poète) étaient venus accueillir Amma à Talassery et prononcer d’émouvants discours de bienvenue, chacun exprimant le plus grand respect pour Amma.

« J’ai la grande chance de faire la connaissance d’Amma », a déclaré Padmasree Meenakshi Gurukkala, pratiquante d’un art martial traditionnel du Kérala.

L’artiste KK Marar a exprimé son ressenti en ces termes : « Les qualités maternelles sont un très très vieux concept de la tradition indienne. La Mère est la déesse de la prospérité, de l’art, de la connaissance, de la patience, de l’amour, de l’accomplissement et de la joie. La maternité est la puissance, la conscience. J’ai fait l’expérience des qualités maternelles ici auprès d’Amma – qui incarne si bien ce concept indien. Au cours de la petite conversation que j’ai eue avec elle, j’ai été surpris par la profondeur de sa connaissance de la tradition indienne. Je considère la présence d’Amma comme une bénédiction ; elle nous incite à préserver la pureté de l’air, de l’eau, de nos actions, de nos paroles et de notre esprit. »

PK Krishnadas a parlé de la pertinence de la philosophie d’Amma dans le district de Talassery, un district déchiré par les divisions politiques et la violence sectaire : « Si les gens de ce district s’étaient imprégnés du message d’Amma, cela nous aurait épargné les récents conflits. Amma est un océan de compassion. Amma ne construit aucun mur de séparation, elle lance des ponts d’amour et de compassion. Actuellement, les gens construisent plus de murs que de ponts. » Après les discours, Amma a délivré son enseignement spirituel à l’assemblée. Elle a pointé le grave danger que représente le terrorisme dans le monde moderne : « Le terrorisme est devenu l’un des problèmes majeurs de l’humanité, confisquant la paix de la population. Aujourd’hui, la réalité de ce que nous vivons dépasse en horreur le pire de nos cauchemars. Au Kérala on se targue d’être en avance sur les autres États indiens dans le domaine de l’éducation mais en même temps, notre petit Kérala est en avance sur beaucoup de plus grands États dans le domaine de la division religieuse, de l’inimitié au nom des opinions politiques, de la criminalité, du viol et d’autres formes de violences faites aux femmes, etc. Même des jeunes gens instruits issus de familles aisées se laissent entraîner dans des gangs. Ils deviennent dépendants des drogues et de l’alcool. Leur addiction détruit leur vie et celle des autres. L’existence devient alors un enfer peuplé d’histoires d’accidents de voiture, de violences domestiques, de bagarres de rue, de femmes et d’enfants victimes d’abus sexuels. Aujourd’hui, l’humanité est devenue une catastrophe ambulante ! Les catastrophes naturelles nous échappent peut-être, mais la technologie peut nous prévenir de leur imminence. Cependant la science doit encore inventer un appareil de détection des catastrophes que l’homme a en tête. »

Amma a fait remarquer que l’une des solutions à la prédominance de la division, de la violence et de la destruction était une éducation basée sur les valeurs. Après l’enseignement, Amma a chanté des bajhans (chants dévotionnels), dirigé une méditation et une manasa puja (rituel d’adoration intérieure) pour la paix dans le monde avant de commencer à donner le darshan.

Les groupes d’enfants de l’école d’Amma Amrita Vidyalayam ont présenté des danses, du théâtre et des concerts sur l’estrade tandis qu’Amma prenait dans les bras tous ceux qui étaient venus la voir. La petite salle de l’ashram était remplie nuit et jour de dévots. À 10 ou 15 mètres du siège d’Amma, le temple Brahmastanam vibrait d’adoration. Tôt le matin, pujas et homas (rituels traditionnels) avaient commencé en ce lieu pour ne se terminer que tard dans la soirée. Ce fut une célébration très active dans cet ashram minuscule en bord de mer, chacun s’imprégnant de l’atmosphère indescriptible d’excitation et d’amour qui règne dans le sillage d’Amma, partout où elle va.

Après deux longues journées de darshan, Amma et le groupe de la tournée ont plié bagage pour s’enfoncer en montagne en direction de Mananthavady, pour un nouveau programme Brahmastanam. Tristes de la voir partir, les habitants de Talassery ont offert un chaleureux adieu à Amma.

Le tour de l’Inde continue.

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