A l’instar de la pauvreté, la solitude progresse en France. Un Français sur huit est seul, d’après l’enquête de la Fondation de France de 2014. A travers toutes les générations, les aînés mais également les jeunes, les réseaux de sociabilité se sont affaiblis, notamment dans les grandes villes. Les contacts avec les familles s’amoindrissent du fait de l’éloignement géographique (pour quatre Français sur dix), et le réseau amical (pour un Français sur quatre) est pauvre. Les réseaux sociaux virtuels ne sont pas une compensation au manque de liens sociaux.

« Dans cette ère du matérialisme, la tendance générale des gens dans le monde est de s’éloigner les uns des autres. Ils vivent comme des îles que rien ne relie, sans aucun lien intérieur entre eux. Cela est dangereux (…) Qu’il s’agisse des relations entre humains ou des relations avec la nature, c’est l’amour qui crée le pont, le lien. Agir ensemble, unis, est la force du monde actuel. On devrait donc considérer cela comme l’un des devoirs de notre époque. » Amma

SE RASSEMBLER POUR FAIRE FACE À L’ISOLEMENT

Les groupes de partages solidaires sont nés de la volonté d’établir des contacts entre les personnes proches localement qui ainsi peuvent se sentir soutenues en cas de difficultés traversées, en s’appuyant sur les ressources du groupe.

Leur objectif est de créer un espace chaleureux d’écoute et de soutien, où chacun peut s’exprimer, parler de ses préoccupations ou des difficultés qu’il rencontre (problèmes relationnels, familiaux, de santé, solitude, accompagnement éprouvant…).

Il ne s’agit pas prioritairement de résoudre la difficulté présentée mais de favoriser la découverte des ressources individuelles et collectives partagées par tous. Ainsi la mutualisation des expériences permet d’accroître le sentiment d’estime de soi et la confiance en l’autre.

FONCTIONNEMENT

Les réunions se déroulent selon une méthodologie bien déterminée, inspirée du modèle de la santé communautaire du psychiatre Brésilien Adalberto Barreto. Des facilitateurs formés accompagnent le groupe dans les différentes étapes du partage. L’accent est mis sur les capacités individuelles et collectives à nourrir des ressources psycho-sociales : « chacun est riche de ce dont l’autre est pauvre » explique le Dr. Barreto. Le groupe est alors un soutien – donnant tour à tour la place aux difficultés et aux richesses (résilience) qui peuvent être mises en commun. La parole est encouragée et vécue comme un lien d’échange, chacun s’exprimant à partir de sa propre expérience.

Une collation amicale vient poursuivre les échanges du groupe de partages solidaires, de façon conviviale et informelle.

CRÉER UN GROUPE DANS SA RÉGION

Une formation à la création de groupes de partages solidaires est accessible à des personnes ayant déjà animé des groupes, participant à un groupe de pratique dans leur région et en phase avec les projets de l’association ETW- France.

Trois modules sont alors proposés lors de week-end, la première année. Ils concernent la maîtrise de la méthodologie, des éléments de réflexion et de pratiques sur la position de facilitateur. La formation intègre également un week-end d’échanges et d’analyse des pratiques à la suite de quelques rencontres déjà menées.

Pour savoir s’il en existe désormais un dans votre région, contactez-nous : partages@etw-france.org